Un plan fédéral pour des produits plus verts

Modifié le 1/01/1900

© Viessmann

Une Belgique un peu plus verte d’ici 2012. C’est ainsi que l’on pourrait résumer l’objectif du « plan produits » adopté il y a peu par le gouvernement. Le fédéral a adopté un texte fixant des normes environnementales plus strictes. Les chaudières à mazout et à gaz sont les premières concernées.


Chasse au NOxet au CO dans les chaudières
L’arrêté royal vient d’être signé. Il sera publié prochainement au Moniteur pour entrer en vigueur trois mois plus tard. L’objectif général : réduire les émissions d’oxydes d’azote (NOx) et de monoxyde de carbone (CO) des chaudières de chauffage central. Bientôt donc, tous les nouveaux appareils de moins de 400 kW devront répondre aux nouvelles normes. Les seuils maximums d’émission en NOx des appareils de moins de 70 kW passent de 120 à 115 mg/kWh. Pour les installations entre 70 et 400 kW, le plafond passe de 185 à 150 mg/kWh. Résultat : 37 % des modèles proposés actuellement sur le marché devraient disparaître, dit-on chez Magnette. Mais surtout : les émissions de NOx seront réduites de 40 % dans le cas des chaudières au gaz (seulement de 4 % pour les chaudières à mazout). Les émissions de CO seront réduites de 45 % pour les chaudières à mazout. Il n’y aura pas de modification pour les chaudières au gaz.

Objectif : « Garantir une qualité environnementale minimale aux produits mis sur le marché ». De la sorte, réduire les émissions polluantes, limiter l’impact de la production sur les ressources naturelles, sur la santé… L’affaire n’est pas mince : « Bien que les impacts environnementaux individuels des produits soient en constante diminution, note le plan, les impacts globaux ne le sont pas, étant donné le nombre de plus en plus élevé d’unités de produits consommés. »

Le document envisage un grand nombre d’actions. Comme une orientation plus « verte » des marchés publics, la promotion des produits labellisés – mais il faudra mettre de l’ordre dans la jungle des labels –, ainsi que les inévitables campagnes d’information du grand public. « Mais des études ont prouvé que cela n’influe que marginalement sur le comportement des consommateurs, indique le ministre fédéral de l’Environnement, Paul Magnette (PS). Nous devons donc aussi agir au niveau de la réglementation et de la fiscalité ». D’où, pour commencer, une volonté de fixer de nouvelles normes plus strictes en matière de respect de l’environnement. « Nous agirons pour normaliser là où il n’y a pas de législation européenne », annonce Magnette. Premier secteur concerné : celui des chaudières à mazout et à gaz (voir ci-dessous). Ensuite viendront les pellets, les matériaux de construction, les « produits utilisateurs d’énergie » (ordinateurs, téléviseurs, chargeurs…), les biomatériaux… La normalisation a plusieurs effets, explique le ministre de l’Environnement. Elle garantit la présence sur le marché belge des produits les plus respectueux de l’environnement et empêche l’importation de produits étrangers de moins bonne qualité. Ajoutons que cela incite les producteurs belges à se placer sur les premiers rangs des industriels « verts ». Un avantage concurrentiel à terme, en attendant sans doute une harmonisation des normes au niveau européen.

Le « plan produits » 2009- 2012 annonce également des mesures visant à aider les plus démunis à se débarrasser de leurs « boulets environnementaux », ces gros appareils électroménagers (frigo, machine à laver…), dévoreurs d’énergie, mais que l’on garde dans l’impossibilité financière de s’en payer un neuf.

Source: Le Soir