Construction durable: ossature bois pour une architecture épurée

Modifié par TiM Vanhove le 3/05/2012

© Bâtidéco
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Limiter le nombre de matériaux pour la construction de sa maison est assurément un choix audacieux: on court toujours le risque d’instaurer une certaine monotonie dans son intérieur. La famille Dewaele a su éviter cet écueil malgré l’abondante utilisation de teck et de basalte.

 

Ossature bois

Les candidats bâtisseurs ne se préoccupent plus seulement de l’agencement et du style de leur future maison. De plus en plus souvent, ils prennent le temps d’évaluer les différentes méthodes de construction afin de choisir la plus adéquate. Alors que, par le passé, on optait les yeux fermés pour une combinaison de briques et de briques de parement, bien d’autres techniques s’offrent aujourd’hui aux futurs propriétaires. Portées par l’intérêt croissant pour la construction durable, respectueuse de l’environnement et économe en énergie, ces nouvelles alternatives sont petit à petit rentrées dans les usages.

Facture d'énergie

Lorsque Bertrand Dewaele et son épouse ont décidé de bâtir une nouvelle maison non loin de Roulers, le choix de la méthode s’est imposé comme une évidence. Bertrand est co-gestionnaire de l’entreprise familiale Dewaele, qui s’est lancée voici quarante ans dans la construction à ossature bois. "Ce n’est pas un hasard si de plus en plus de gens se sont intéressés à cette méthode cette dernière décennie. Les frais de chauffage sont nettement moins élevés dans ce type de maison. Beaucoup de clients voient leur facture diminuer de moitié au bout d’un an. Il faut dire aussi que le bois donne une agréable sensation de chaleur. Et puis la construction à ossature bois est nettement plus rapide: le chantier dure cent jours, en moyenne. Nous assemblons une bonne partie de la maison en atelier, de sorte que le montage sur place demande moins de temps. La maison est plus vite au sec."

Effet ignifuge

Les maisons à ossature bois traînent la réputation d’être facilement inflammables. "C’est faux. Que du contraire: la laine de roche dans les murs a un effet ignifuge." À propos de ces mêmes maisons règne un autre malentendu : on croit encore trop souvent que l’ossature bois ‘laisse des traces’ sur le plan de l’architecture intérieure. La villa Dewaele prouve le contraire. Toutes les parois en bois ont été soigneusement plâtrées de sorte qu’un non-initié serait incapable de déterminer la nature du matériau utilisé. Si le bois est omniprésent dans la maison, c’est parce que la famille Dewaele a volontairement mis l’accent sur ce matériau au moment de l’aménagement de son intérieur.

"Nous voulions utiliser du noyer en abondance, mais nous ne trouvions pas assez de bois. Nous avons dû choisir du teck en lieu et place." L’essence se retrouve entre autres dans la cuisine, la salle à manger et la chambre à coucher, que ce soit sous la forme d’une armoire, d’une table ou d’un plancher. D’autres matériaux comme le basalte ont été utilisés à plusieurs reprises, au sol ou pour un évier, de manière à créer une forme d’unité. La salle de bains des enfants constitue la seule entorse à ce principe : un lavabo et une douche en inox y occupent une place centrale.

Sobriété et tranquillité

Le caractère répétitif était une idée de l’architecte d’intérieur. "Nous en sommes extrêmement satisfaits. Cette homogénéité instaure une certaine sobriété dans l’intérieur, ce qui a un effet très apaisant. Et puis, l’aspect naturel du bois apporte une touche chaleureuse." La simplicité est assurément l’une des clefs de voûte du projet ; elle a prévalu dans toute la maison. Les spots encastrés sont tous les mêmes, les encadrements de porte ont été soigneusement camouflés, la palette de couleurs a été limitée… Cette uniformité ne manque pourtant pas d’intérêt. La répétition des matériaux et des tonalités est interrompue de-ci de-là par quelques éléments soigneusement orchestrés, à l’image des petits vases oranges disposés sur la table du salon.

La cuisine

La cuisine traduit un autre souhait des habitants de la maison : ils voulaient un look ultra épuré. La table est entourée de bancs plutôt que de chaises, l’absence de hotte aspirante préserve l’harmonie de la pièce – les conduites d’évacuation de l’air vicié se trouvent à hauteur des plaques de cuisson, les poignées des armoires ont été bannies, tous les appareils électroménagers peuvent être cachés derrière des panneaux en teck servant également de portes, le plan de travail forme une seule pièce… Chaque détail a été étudié consciencieusement pour concourir à un résultat époustouflant.

"Le style épuré de la pièce est encore renforcé par le jeu de lignes et de perspectives présent à tous les niveaux", souligne Bertrand Dewaele. "Le parquet n’a pas été posé innocemment. Tout a été calculé au millimètre près. La largeur des portes correspond a un nombre précis de planches. L’architecte d’intérieur a été impliqué à bien d’autres niveaux dans la réflexion architecturale." Chaque composant de la maison semble parfaitement à sa place, rappelant en cela la précision qui prévalait à la construction de bâtiments historiques séculaires. Un pur chef d’œuvre. "La fonction apaisante de la maison a été mise en avant dans toutes les pièces. Lorsque nous rentrons le soir après le travail, nous pouvons nous détendre et évacuer toute la tension de la journée. Ce qui est fantastique, c’est que l’intérieur contribue très concrètement à ce moment de détente. C’est un luxe incroyable."

Croisillon surdimensionné

Les grandes pièces spacieuses contribuent au confort de la maison. Le séjour en forme de L offre un cadre de vie grandiose. Le coin salon a été meublé avec un canapé XXL dans lequel Bertrand, son épouse et leurs trois enfants peuvent s’installer pour une soirée en famille. La télévision et le feu ouvert ont été intégrés dans un mur noir formant un superbe contraste. Dans un deuxième salon transformé en coin de lecture, les fenêtres ont été percées plus bas que la normale, comme pour réserver la vue aux lecteurs lovés dans le fauteuil. À l’opposé, l’impressionnante fenêtre en façade force l’admiration. Le verre, qui relie le sol du rez-de-chaussée au plafond du premier étage, est divisé en quatre par un croisillon surdimensionné.

"Nous avons longtemps cherché un terrain offrant une vue dont nous pourrions profiter tous les jours. L’environnement de cette parcelle s’y prêtait parfaitement, il était donc tout à fait logique que nous adaptions la maison au paysage. Grâce à la grande fenêtre et au vide, le bureau donne aussi sur le paysage à perte de vue. Les deux terrasses, celle qui jouxte le bureau et celle qui prolonge le rez-de-chaussée, ont été orientées de manière à pouvoir profiter autant que possible de la verdure alentour."

 

Texte: Björn Cocquyt - Photos: Jonah Samyn