Une ventilation étanche à l'air

Modifié par TiM Vanhove le 20/07/2012

tape
© Luchtwinkel
installation ventilation
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A l’heure actuelle, nos maisons sont particulièrement étanches à l’air. L’architecte Christophe Debrabander donne de plus amples informations sur la façon de procéder sur le lien ici. Christophe énonce d’entrée de jeu qu’une bonne étanchéité à l’air est essentielle pour le confort ressenti dans l’habitation et pour le bon fonctionnement du système de ventilation.

 

Une bonne étanchéité des conduits est en fait tout aussi importante. Un canal ou conduit parfaitement étanche à l’air peut avoir un impact extrêmement positif sur la valeur E d’une maison. Dans le cadre de la déclaration PEB, si on ajoute au rapport de dimensionnement (réglage correct des débits) un rapport attestant de l’étanchéité des conduits, on peut bénéficier de près de 8 points E grâce à l’amélioration du facteur ‘m’ du système de ventilation. Ce facteur ‘m’ exprime le niveau de qualité du système. Pour une installation de ventilation à alimentation naturelle (système C), l’avantage est nettement plus important que dans le cas d’une ventilation équilibrée (système D).

Classes d’étanchéité A, B, C et D

Contrairement à ce que la plupart des gens pensent, un conduit d’air n’est pas parfaitement étanche. On a donc recours à des classes d’étanchéité pour exprimer le degré d’étanchéité d’un conduit. C’est la norme européenne EN 14239 qui définit les classes d’étanchéité : A, B, C et D. La classe D est la plus étanche et est 3 fois plus étanche que la classe C. Celle-ci est à son tour 3 fois plus étanche que la classe B. L’étanchéité à l’air est généralement mesurée sous une pression de 400 Pascal, mais ce n’est pas une obligation. Les classes d’étanchéité A, B, C et D n’ont aucun rapport avec les systèmes A, B, C et D utilisés pour désigner les systèmes de ventilation dans le résidentiel.

Graphique

 

Grâce à ce graphique, on peut calculer la quantité d’énergie que l’on peut économiser en renforçant l’étanchéité du conduit de ventilation.

Supposons que l’on parachève un conduit avec une finition de classe C au lieu de la classe A. Pour une habitation moyenne, la longueur des conduits à gaine spiralée atteignent facilement une centaine de mètres. Le diamètre moyen est d’environ 150 mm. Ce qui donne une aire superficielle par conduit d’environ 50 m². Si on utilise un système encastrable, cette surface sera plus importante encore. Il n’est pas rare de rencontrer des aires superficielles du double de cette valeur.

Imaginez encore que la pression dans les conduits affiche 60 Pascal en moyenne lorsqu’on y ventile 150 m³/h (la pression et le débit exacts dépendent de l’envergure de l’installation et de l’appareil de ventilation utilisé). On considère une pression moyenne parce qu’elle n’est pas pareille dans tout le réseau de conduits. En effet, la pression est plus élevée à proximité de l’appareil de ventilation qu’au niveau des extracteurs ou des grilles. Sur le graphique, on peut voir que le débit de fuites dans le cas d’une étanchéité de classe A est égal à 0,4 litres par seconde par mètre carré de surface de conduit. Dans le cas d’une étanchéité de classe C, cette valeur tombe à 0,044 litres par seconde par mètre carré de surface de conduit.

Ce qui donne, pour un conduit doté d’une étanchéité de classe A, un débit total de fuites de 50m² x 0,4 l/s/m² x 3,6s.mm³/l = 72 m³/h. La moitié de la capacité !

Dans le cas d’une étanchéité de classe C, on aurait un débit de fuites de 50m² x 0,044 l/s/m² x 3,6s.mm³/l = 7,9 m³/h. Soit environ 5% de la capacité totale.

Dans le cas d’une étanchéité de classe A, le ventilateur devra fonctionner plus fort pour parvenir au débit programmé dans les pièces des habitations. On peut aisément comprendre que le ventilateur consommera dès lors 50% d’électricité en plus à cause des fuites qu’implique une étanchéité de classe A par rapport à une étanchéité de classe C. Dans un système équilibré (système D), à cause des fuites, une partie de la chaleur récupérée est également perdue. Une finition étanche à l’air s’avère donc plus importante encore que dans le cas d’un système de ventilation à alimentation naturelle (système C).

Combien vais-je économiser ?

Le calcul exact en euro est plus complexe qu’il n’y paraît. Consultez le lien pour découvrir une formule de calcul intéressante. En haut à droite, vous choisissez la langue et vous pouvez ensuite jouer avec les chiffres. Votre potentiel d’économie pourrait se situer, entre 10 et 50 euro par an.

Une finition étanche à l’air

Aujourd’hui, dans une habitation, on peut étanchéifier de 3 manières différentes un conduit de ventilation à gaine spiralée. Soit on utilise des pièces de raccordement à joints en caoutchouc, soit on habille les conduits avec une bande adhésive, soit on utilise un mastique au butyle. Si l’on utilise des pièces de raccordement à joints étanches en caoutchouc, on peut parachever le système de ventilation de la maison avec une étanchéité de classe C.

 

Gaine spiral

La bande adhésive en aluminium est encore souvent utilisée pour recouvrir les pièces de raccordement dépourvues d’éléments d’étanchéité. Pour un bon résultat, il vaut mieux appliquer plusieurs couches de bande adhésive. On utilise souvent aussi le film rétractile ou de la bande adhésive au butyle. Ce type de tape est extensible et colle sur à peu près n’importe quel support. Après une heure, on ne peut plus retirer la bande du conduit. Il vaut mieux éviter les bandes adhésives classiques. Soit elle n’est pas étanche à l’air (le tape aluminium et le tape rétractile le sont), soit il se défait au bout de quelques années.

Tape
Band
Tape

On pratique encore rarement l’étanchéification des conduits avec un mastique au butyle dans le résidentiel. Si le temps requis pour étanchéifier le conduit n’a aucune importance, on peut encore utiliser cette technique qui demande énormément de travail.

 

Des vis étanches à l’air ?

On utilise souvent des vis pour fixer les conduits et les pièces de raccordement. Ces vis percent alors le conduit et la pièce de raccordement. On utilise dans la plupart des cas, des vis autoserrantes. Peu de gens savent cependant que les vis provoquent des fuites. Il faut utiliser des vis qui sont dotées d’une pointe qui est plus petite que le pas de vis. Les vis pointues ou autoserrantes à pointe réduite sont à privilégier. Les autoserrantes à pointe foreuse de même taille que le pas de vis génèrent aussi des fuites. On peut aussi colmater les vis avec du tape aluminium ou de la bande rétractile.

Vis

Pour ce qui est de l’entretien, il vaut toujours mieux éviter l’utilisation des vis. En effet, toute poussière qui se trouverait dans le conduit risque de s’y accrocher et les outils utilisés pour nettoyer les conduits risquent d’être endommagés.

 

Les conduits encastrés sont-ils plus faciles à étanchéifier ?

Les conduits encastrés ne sont pas pour autant étanches à l’air. Il existe certaines marques sur le marché qui n’obtiennent même pas l’étanchéité de classe A si on les monte correctement. Si les conduits sont intégrés à la chape, ceci ne pose aucun problème. C’est la chape qui assure l’étanchéité. Il ne faut donc pas utiliser ces conduits sans les encastrer.

D’autres marques sont dotées d’un raccord étanche en caoutchouc ou peuvent être encliquetés sur un joint étanche lors du montage. Il est dès lors toujours important de couper droit un conduit à encliqueter. En fait, quasi aucune marque ne mentionne précisément la classe d’étanchéité.

Les conduits encastrés

 

Tester l’étanchéité des conduits

Il y a toujours moyen de tester l’étanchéité des conduits posés. Peu d’installateurs proposent ce genre de tests, mais c’est considéré comme une preuve supplémentaire de la qualité des travaux. Les appareils utilisés pour effectuer ces tests délivrent d’ailleurs un rapport conforme aux normes européennes.

Tester l’étanchéité des conduits

Auteur: Andy Camps - Luchtwinkel - mars 2011


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