Toujours trop d'argent gaspillé à cause d'une mauvaise isolation des toitures

Modifié par Vinciane Pinte le 5/02/2015

63 % des ménages belges occupant une habitation plus ancienne n'envisagent pas d'améliorer l'isolation de leur toiture au cours des 5 prochaines années. Pire encore : 21 % des toits du parc résidentiel âgé ne sont même pas isolés !  ¾ des gens sont pourtant conscients que les plus grosses déperditions thermiques se font par le sommet de l'habitation. Ces résultats interpellants sont issus d'une enquête menée auprès d'un échantillon représentatif de 500 ménages belges.

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Elément de toiture
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Législation complexe et connaissances insuffisantes : les 2 principaux obstacles

Le budget est une raison importante pour ne pas investir dans l'isolation du toit : 38 % des Belges déclarent avoir d'autres priorités. C'est surtout le cas (70 %) des jeunes et des adultes de moins de 34 ans. Pourtant, 75 % des répondants disent être informés des primes publiques pour l'isolation de la toiture des logements plus anciens. Mais le sondage révèle aussi que 40 % des personnes de plus de 55 ans se considèrent trop âgées que pour se lancer dans un tel chantier.

Outre le budget, la méconnaissance des normes actuelles, des primes et des matériaux isolants adaptés est un autre obstacle à l'isolation de la toiture. Face à la complexité des règlements d'efficience énergétique, les consommateurs finissent par perdre le nord.

La faible disposition des consommateurs à isoler leur toiture est une très mauvaise chose pour la Belgique. Les toits en mauvais état ou non isolés sont une cause importante de l'empreinte écologique énorme de notre pays, qui d'après le WWF, compterait parmi les 5 nations les plus polluantes au monde.

Notre empreinte écologique est de 7,45 ha par habitant, ce qui serait surtout dû au patrimoine immobilier relativement vétuste ou mal isolé.

Bien que le consommateur soit conscient que des déperditions thermiques considérables ont lieu par la toiture, et de ses conséquences directes sur sa facture d'énergie, l'isolation du toit n'est pas une priorité. En effet, 63 % des Belges occupant un logement plus ancien n'envisagent pas d'isoler le toit ou le plancher du grenier, ni d'améliorer l'isolation existante. Pourtant, 3 personnes interrogées sur 4 reconnaissent que les principales déperditions thermiques de l'habitation se font au niveau du toit ; et pour 87 % des répondants, la principale raison d'y remédier vise à diminuer la facture énergétique.

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Les primes et avantages fiscaux ne sont pas déterminants

L'étude révèle aussi que l'inclinaison des consommateurs à investir dans l'isolation de leur toiture n'est guère influencée par les primes et les avantages fiscaux : ils ne sont en effet que 17,5 % à vouloir isoler leur toiture pour profiter des aides publiques et 6 % pour s'aligner sur les normes, plus sévères, des performances énergétiques des bâtiments.

Mais 1 répondant sur 4 ne sait pas que les autorités proposent des primes dans le but de rénover et d'isoler les toits. 7 Belges sur 10 ne connaissent pas les matériaux isolants les plus écologiques et ils sont presque autant (67 %) à éprouver des difficultés à choisir l'isolant le plus adapté. En raison des normes d'isolation plus strictes et de leur complexité, 6 consommateurs sur 10 sont convaincus que l'isolation doit être exécutée par des professionnels.

Pour 37 % des propriétaires, l'amélioration de l'efficience énergétique des logements anciens (65 %) et la diminution de l'impact sur l'environnement (36 %) sont deux raisons suffisantes pour améliorer l'isolation des toits.

Paradoxal

Le paradoxe, c'est que les gens sont conscients qu'une isolation inefficace de la toiture se traduit par une hausse des coûts d'énergie, mais qu'ils fixent d'autres priorités dans leurs projets de rénovation. Pour atteindre les normes d'efficience énergétique EU 2020, les pouvoirs publics belges devront non seulement exploiter le levier des primes, mais surtout par la sensibilisation et une information claire des moyens d'isolation des toitures, des délais d'amortissement et des mesures d'efficience énergétique, afin de motiver davantage de propriétaires de bâtiments anciens d'améliorer l'isolation des toits.

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