Les matériaux isolants à base de matières premières cultivables

Modifié par Kelly Cuypers le 20/08/2013

Isolation
© Van Avermaet
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L’isolation thermique avec de fibres de chanvre et de coton
© Isover
L’isolation thermique avec de fibres de chanvre et de coton
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isolation avec paille
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Dans les chapitres précédents, nous avions examiné à la loupe, les différentes caractéristiques des matériaux isolants. Dans les chapitres qui vont suivre, nous allons surtout parler des différents matériaux. Nous les classerons en fonction de leur origine.


Il existe des matériaux isolants à base de dérivés du pétrole, de matériaux pierreux, de résidus et de matières premières cultivables. Nous commencerons notre tournée des isolants par les matières premières cultivables.

Le liège

Le liège est sans doute l’un des plus anciens matériaux isolants naturels. Mais sa disponibilité est quelque peu limitée : les chaines liège poussent principalement au Portugal. Le liège provient de l’écorce de ces arbres et peut être récolté tous les 9 ans. C’est aussi l’un des matériaux les plus coûteux de cette série, mais avant tout, l’un des plus naturels, quasi indéformables.

Les granules de liège sont chauffés de sorte à gonfler. Ils sont alors compressés pour former des plaques ou des dalles de faible épaisseur. On peut aussi utiliser les granulés de liège tels quels.

On retrouve le liège partout dans l’isolation des sols, ou dans les revêtements acoustiques ou les sous-couches de revêtements de sol.

Les fibres de bois

Le bois n’est pas vraiment un matériau isolant en tant que tel, bien qu’il ait une fonction isolante si on le compare à de la brique. Sa valeur d’isolation est trois fois inférieure à celle des matériaux isolants habituels, mais 10 fois supérieure à celle de la brique.

Quand on travaille le bois, on a une grosse quantité de fibres de bois qui restent après le processus de production. On peut utiliser ces fibres de bois pour en faire des matériaux isolants. Ce fibres sont liées avec du latex, des colles ou des résines. On y ajoute généralement quelques additifs, comme des borates, qui permettent de protéger le panneau contre les insectes et le feu.

On retrouve les fibres de bois principalement dans les plaques d’épaisseurs et de densités variables. La plus connue est la plaque de sous-toiture de 20 - 22 mm avec tenon et mortaise. Plus la plaque sera épaisse, plus elle sera solide. A partir de 40 mm, on peut par exemple l’utiliser aussi pour mettre en œuvre un plâtrage extérieur.

On a également des matelas de laine. On peut les comparer aux matelas isolants classiques mais ils sont un peu plus rigides. On les pose entre les chevrons de la toiture ou pour remplir une ossature bois.

Enfin, on peut aussi avoir les fibres en vrac. On les insuffle dans les espaces creux des ossatures bois jusqu’à une haute densité. L’avantage, c’est que l’on parvient à isoler les formes les plus biscornues.

Le chanvre

Le chanvre pousse plus vite que le liège. Il s’agit en fait de la plante bien connue (Canabis Sativa). Le chanvre grandit jusqu’à 4 mètres de haut en 100 à 120 jours et pousse dans tous types de sols. Lors de sa croissance, la plante transforme énormément de C02 en air pur, ce qui contribue à équilibrer le cycle du CO2.

On utilise surtout les tiges de la plante. Elle se compose d’un cœur fibreux et ligneux et d’une longue et souple fibre libérienne. Les plus longues fibres libériennes sont surtout utilisées pour le textile. Les fibres restantes, moins intéressantes, sont intégrées au papier et aux produits isolants.

On retrouve le chanvre dans les matelas isolants ou les plaques plus rigides. Elles constituent une alternative naturelle, de qualité, aux matelas de laine minérale.

Les fibres au cœur de la plante de chanvre peuvent aussi être transformées en fibres courtes et ligneuses. On peut les mélanger à du calcaire pour former ce qu’on appelle le « béton de chanvre ». Ce mélange peut être posé sur les murs ou dans une ossature bois. Il forme une masse et isole en même temps.

Le lin

La transformation du lin s’effectue de manière similaire à celle du chanvre. Ce sont surtout les fibres courtes que l’on utilisé, après élimination des fibres libériennes, pour la fabrication de matelas de laine de lin. En ajoutant des borates pour la résistance au feu et de la fécule de pomme de terre comme agent liant. On peut aussi ajouter des fibres plus solides de polyester ou d’autres matériaux naturels pour en garantir l’épaisseur.

Cet isolant est disponible sous forme de matelas.

Le lin comme isolant a surtout un impact sur l’hygrométrie de l’habitation et l’isolation acoustique.

La laine de mouton

La laine de mouton lavée est mélangée à du borax ou des borates pour la protéger contre les insectes et l’incendie. Pour les matelas isolants épais, on ajoute encore des fibres solides de polyester (en caoutchouc naturel).

Cet isolant est surtout disponible sous forme de matelas.

Le coton

Les semences des buissons de coton fournissent les fibres à base de cet isolant. Elles sont traitées avec des borates pour la résistance au feu. La laine de coton est rarement présente sur le marché des isolants. Elle procure cependant une bonne isolation thermique et acoustique.

L’herbe

L’un des tout derniers isolants naturels, ce sont les matelas isolants à base d’herbe. On utilise à cet effet la première et la seconde coupe des pâturages. La troisième coupe est encore réservée à l’alimentation pour le bétail. Les jus de ces herbes sont pressés, pour sécher les fibres. Et c’est avec ces fibres que l’on fabrique les matelas isolants. A l’heure actuelle, on ne trouve ces plaques que sur le marché suisse.

Le roseau

Les tiges de roseau présentent une structure cellulaire telle, que lorsqu’elles sont assemblées, elles ont des propriétés isolantes. De par sa nature, ce matériau résiste à l’humidité, ne se déforme pas et résiste contre le pourrissement. En outre, les acides siliciques présents ont des propriétés ignifuges.

Les roseaux sont pressés et reliés (tressé) à l’aide d’un fil métallique. Les plaques rigides sont surtout utilisées comme support pour le plâtrage.

On rencontre aussi les roseaux dans les toitures de chaume. Ces toitures bénéficient d’une bonne isolation. A l’heure actuelle, il n’existe en Belgique aucune agréation concernant sa valeur isolante.

Les fibres de noix de coco

Les fibres des noix de coco forment la base de cet isolant. Comme la plupart des autres fibres, on les mélange avec un liant et du borax afin d’obtenir une bonne stabilité et une résistance au feu. Les plaques sont indéformables et résistent fort bien au pourrissement et aux insectes.

La paille

On connaît surtout l’utilisation des ballots de paille dans la construction. La paille compressée en ballots propose une excellente isolation et limite de plus les processus industriels. La chaîne est effectivement fort courte: du fermier directement au maître d’ouvrage. Pour notre pays, c’est un stimulant régional et économique. A l’heure actuelle, plusieurs études sont en cours pour utiliser la paille comme matériau de construction, de telle sorte que nous en verrons de plus en plus sur le marché. En tant que matériau isolant, on l’utilise surtout sous forme de ballots. Il existe aussi des plaques de paille compressée sur le marché.


Sources: Dämmstoffe, Detail Praxis; sites de plusieurs fournisseurs; Vibe


Auteur: Bruno Deraedt - IADB – Ingenieurs & Architecten voor Duurzaam Bouwen - octobre 2011

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