Assainir nos intérieurs devient une priorité

Modifié le 1/01/1900

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Laine de verre comme matériel isolant
La laine de verre pour isoler le toit
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L'air intérieur est souvent plus pollué que l'air extérieur. Les matériaux de construction contiennent de nombreux produits toxiques. Les pollutions intérieures constituent un véritable problème de santé publique.

 

Si l'air extérieur s'apparente à un véritable bouillon de culture, avec pour corollaire des effets directs sur la santé humaine (les seules particules fines sont responsables de 348.000 décès prématurés dans l'UE), nous ne sommes malheureusement pas mieux lotis une fois calfeutrés à l'intérieur. Que du contraire ! « Il est de notoriété publique que l'air intérieur est trois à quatre fois plus pollué que l'air extérieur ! Cette pollution intérieure est directement liée aux matériaux de construction », explique Steven Becker, ancien architecte associé de l'agence Art & Build, et investi de longue date dans la construction durable. Quand on construit ou rénove, il faut donc se montrer particulièrement attentif au choix des matériaux et des éléments d'aménagement intérieur. « Qu'il s'agisse des peintures, des revêtements de sol ou du mobilier, on y trouve souvent une multitude de solvants, colles et autres constituants toxiques dont les émanations peuvent sérieusement altérer notre santé », insiste Claudy Mercenier, du bureau d'architecture ARTerre, spécialisé dans la bio-construction, et président du Cluster Eco-Construction.

Sachant qu'on passe approximativement entre 80 et 90 % de notre temps entre les quatre murs de notre bureau et/ou de notre logement, c'est peu dire que la pollution intérieure est devenue un véritable problème de santé publique. On peut toutefois éliminer ou atténuer la plupart des sources de pollutions intérieures en optant pour des matériaux qui ne contiennent pas de substances toxiques et moyennant certains aménagements.


Revêtements de sols

Il vaut mieux privilégier un revêtement de sol « naturel » qui, si possible, peut être nettoyé à l'eau, plutôt qu'une moquette qui réclamera des produits d'entretien plus agressifs. Parquets et planchers massifs (non traités !), coco, jute, liège, linoléum et caoutchouc naturel, carrelage en céramique… sont des revêtements de sol qui sont sans danger pour la santé. En revanche, il vaut mieux proscrire les parquets laminés prêts à poser constitués de panneaux composites collés, moquette, stratifié, linoléum synthétique…


Isolation

Les matériaux d'isolation les plus utilisés sont essentiellement synthétiques (polystyrènes, polyesters…) ou minéraux (laines de verre et de roche…). Pourtant, leur pollution environnementale (gaz à effet de serre, pas de recyclage en fin de vie, dispersion de micro-particules de laine de verre, etc.), n'est que rarement prise en compte. Des isolants de substitution existent pourtant : fibres végétales (cellulose, sciure de bois, liège, lin, chanvre, « laine » de coco, coton, roseaux, pailles…) ou animales (laine de mouton, plumes), etc. Ils ont déjà fait la preuve de leur efficacité.


Humidité

L'humidité favorise le développement des acariens et des champignons. Une étude de la Société française d'allergologie sur des adolescents souffrant de problèmes respiratoires a dévoilé que 83 % des asthmes, bronchites asthmatiques et bronchites chroniques touchent des adolescents vivant dans des logements trop humides ! Pour l'Institut Pasteur, c'est parce que l'on passe l'essentiel de notre temps à l'intérieur, le plus souvent, dans une atmosphère humide propice à la prolifération d'une multitude de parasites. Conséquences : l'asthme, les rhinites et diverses allergies respiratoires dues à la sensibilité à certaines substances allergènes comme les mycotoxines et les spores produites par les moisissures, les émissions toxiques causées par la dégradation chimique de matériaux de construction, etc.
Pollutions électromagnétiques

L'accumulation d'appareils électriques (GSM, PC, radio-réveils, modems, etc.) est loin d'être innocente. Si les hautes fréquences causent des perturbations dans le fonctionnement des appareils électroniques, ce que l'on sait moins c'est qu'elles affectent aussi le fonctionnement des cellules vivantes. Ainsi, des recherches menées à l'Institut de Médecine du Travail de Suède ont prouvé la relation entre la durée d'exposition aux champs électromagnétiques alternatifs et certaines manifestations physiologiques loin d'être bénignes : dérèglements endocriniens, leucémie, maux de tête, dépression, insomnie, maladies dégénératives…

En Suède, où la problématique des pollutions électromagnétiques est prise au sérieux depuis belle lurette, les champs électriques sont limités à 5 volts par mètre (V/m) dans les habitations. Aux Etats-Unis, la norme est fixée à 10 V/m, alors qu'en Belgique la réglementation autorise… 1.000 V/m !


Mobiliers

Les mobiliers qui nous entourent sont loin d'être sans danger pour notre santé. Par exemple, les meubles en contreplaqué ou aggloméré contiennent du formaldéhyde, un polluant qui fait partie des COV (composés organiques volatils). Il est même considéré comme « cancérigène certain » par le Centre international de recherche sur le cancer, organisme dépendant de l'OMS. On l'accuse aussi d'être à l'origine d'allergies et d'asthme chez les bébés, de maux de tête, d'irritation des yeux et des muqueuses, de vertiges…

S'il n'existe pas de label certifiant les meubles « bio », certains fabricants de meubles pour enfants ou artisans utilisent des bois bruts non traités, des peintures et des lasures naturelles.


Peintures

La plupart des matières qui composent les peintures synthétiques à l'huile proviennent de la pétrochimie et sont toxiques pour l'environnement et la santé. Les liants sont des résines synthétiques composées à partir de polyuréthanes et de résines époxydes qui irritent les voies respiratoires. Quant aux solvants, ils sont constitués d'hydrocarbures, lesquels en se volatilisant, polluent l'air, causent des intoxications parfois très sévères, et sont aussi la cause de dermatoses et d'allergies. Si on trouve beaucoup moins de solvants dans les produits actuels qu'il y a dix ans, il vaut mieux opter pour des peintures dites « naturelles ». Dans ces produits, nulle trace d'additifs chimiques ou de charges.


Ventilation

Nos habitations s'apparentent à de véritables bouillons de culture : poussières, dioxyde de carbone, radon et, surtout, un degré bien trop élevé d'humidité. Il faut savoir que chaque personne produit de 1 à 1,5 litre d'eau par jour, à laquelle s'ajoute la vapeur d'eau générée par la combustion du gaz, la cuisson, les bains, douches, séchage du linge, etc. Et lorsque l'air est immobile, ce trop-plein d'humidité de l'air se condense sur les surfaces froides, comme les vitres et les murs (surtout s'ils sont mal isolés), et favorise le développement de moisissures pouvant occasionner de sérieux dégâts aux bâtiments ainsi qu'à la santé des occupants.

Pour conserver un taux d'humidité idéal (entre 40 et 60 %), il faut impérativement opter pour un système de ventilation efficace.


Source: Le Soir


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