Limitez la question à l'essentiel

Modifié par Gretel Kerkhofs le 13/06/2013

Le respect de ce principe implique, en premier lieu, que nous n’exploitions pas l’espace disponible en dépit du bon sens. Nous arrivons alors sur le domaine de l’aménagement du territoire dont il ne faut pas sous-estimer l’importance. Quand nous considérons la durée de vie de nos décisions, celles-ci laissent une empreinte d’environ 20 ans quand il s’agit des techniques et de 50 à 80 ans quand il s’agit de l’enveloppe d’un bâtiment.

Un aménagement durable du territoire

Lorsqu’il s’agit de construction durable, nous parlons de siècles. Nous vivons actuellement dans certaines villes qui sont encore le fruit de décisions prises au Moyen-âge. Et ce n’est pas uniquement dans les grandes villes qui nous viennent immédiatement à l’esprit comme Bruxelles, Liège, Anvers, Namur, Gand ou Bruges; on en trouve aussi des exemples près de chez nous.

En d’autres termes, les lignes que nous dessinons aujourd’hui pour nos lotissements s’imposeront encore toujours aux générations futures dans quelques centaines d’années. Non seulement nous devons en prendre conscience, mais encore, nous devons oser prendre des décisions qui feront en sorte que l’espace exploité pourra être utilisé de manière optimale dans le futur. Ceci implique que nous tenions compte de la mobilité, de l’accessibilité, de la nature, … à long terme.

Sur une petite échelle, nous pourrions par exemple instaurer des jardins communs pour respecter les espaces verts environnants lorsqu’on délimite un nouveau lotissement. Par ailleurs, on peut aussi concevoir un nouveau quartier ou lotissement de telle manière que les maisons bénéficient à la fois d’une bonne orientation et d’un maximum d’intimité. Tous les séjours peuvent être orientés plein sud et les habitations peuvent être implantées ou conçues de telle manière que cet avantage en termes d’orientation n’implique pas un inconvénient en termes d’intimité.

Sur une grande échelle, nous pourrions prévoir des équipements collectifs ou des fonctions commerciales à proximité des quartiers résidentiels, de telle sorte que tous ces équipements se situent à faible distance pour tout le monde. Un aménagement durable du territoire signifie en fin de compte être à l’écoute des personnes qui y vivent mais aussi songer aux futurs occupants de ces quartiers.  

La ville ou la campagne?

Les villes de Belgique se vident depuis des années. Autrefois, tout le monde voulait s’installer à la campagne. Aujourd’hui, on constate un revirement de cette tendance. Habiter la ville est à nouveau branché. La campagne n’est plus aussi calme qu’autrefois, en raison du grand nombre d’habitants. Le rêve de la grande maison avec un immense jardin est remis en question. Une belle terrasse (de toit) ou un jardin sur le toit correspond sans doute mieux à vos ‘aspirations de plein air’ qu’un grand jardin qui demande beaucoup d’entretien.

La construction durable se réalise donc de préférence dans la ville. Non seulement parce que vous “recyclez” un espace construit, mais surtout, parce que vous allez presqu’automatiquement vous retrouver dans une maison de rangée peu énergivore. En outre, habiter la ville n’implique pas l’envahissement d’un « espace vert » qui se fait de plus en plus rare.

Habiter la ville signifie aussi l’accès rapide au centre commercial ; vous pouvez donc vous y rendre à pied ou à vélo. De plus, la ville est mieux desservie au niveau des transports en commun. Ces aspects écologiques jouent aussi un rôle important. La construction durable et la mobilité vont de pair. Ce qui n’est guère étonnant si on considère l’impact non négligeable de la haute densité du trafic automobile.

Maison de rangée ou quatre façades?

Toutes les maisons perdent de la chaleur et de l’énergie par les murs extérieurs. On peut y remédier par une bonne isolation, et mieux encore, en limitant le nombre de murs extérieurs. Privilégiez donc un nombre restreint de murs extérieurs et une petite surface de toiture. Il est donc logique qu’un appartement affiche un meilleur score au plan énergétique qu’une maison de rangée, puisqu’il ne présente qu’une façade avant et arrière ou latérale, pas de toiture, qui est en fait une surface de plus pour les déperditions.

Il faut donc en tenir compte lors de l’achat d’une maison. Si vous achetez un terrain à bâtir, vous devez savoir si celui-ci est destiné à une construction fermée, trois façades ou quatre façades. Une longue structure de type bungalow et une maison patio présentent une moins bonne compacité qu’une habitation en forme de cube à plusieurs étages.

Construction neuve ou rénovation?

Est-il bien utile de construire une maison neuve? Pourquoi ne pas rénover une maison existante? Dans le cadre de la durabilité, bon nombre d’arguments prônent cette dernière solution. En “recyclant” une vieille maison, on ne sacrifie pas d’espace libre et on empêche ainsi la maison de tomber en ruines pour finalement devoir être rasée entièrement.

En outre, pour une rénovation, il faut beaucoup moins de matériaux que pour une construction neuve. Par ailleurs, il est plus facile de mettre en application des principes de la construction durable dans une maison neuve, comme par exemple une bonne isolation ou un double circuit d’eau. Le tout est de peser le pour et le contre en jugeant le cas de figure qui vous concerne.  

Quelques bons conseils

  • Une maison dans la ville ou au cœur d’un village sera toujours plus durable qu’une villa en pleine nature.

  • Considérez au préalable quels sont les surcoûts (toiture, eau, électricité, …) que vous devrez supporter, ceux-ci seront toujours très élevés.
  • Optez pour une habitation dans le centre et faites attention à son orientation, son accessibilité, etc. Et pensez-y : une maison de rangée est plus compacte qu’une maison isolée.

Sources: Centrum Duurzaam Bouwen & Kamp C