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Une fois la crise du coronavirus terminée, nous devrons aussi aborder sérieusement la crise climatique

L’ATTB, l’association pour les Techniques Thermiques en Belgique, qui rassemble les fournisseurs de matériel de chauffage, se retourne sur la turbulente année 2020 avec des sentiments mitigés. En tenant compte de la situation exceptionnelle, les chiffres de vente n’étaient, dans l’ensemble, pas mauvais. Avec une forte augmentation des ventes de pompes à chaleur et seulement une baisse légère du nombre de chaudières, de nombreux secteurs ont bien moins résisté à la crise que le nôtre. Quoi qu’il en soit, dès que la crise du coronavirus sera terminée, nous devrons aussi aborder sérieusement la crise climatique. L’Europe doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 55 % d’ici 2030. Il nous reste donc 9 ans. Des efforts considérables devront encore être consentis. Dans notre pays, c’est le parc de logements vieilli et énergivore qui représente le principal écueil. Des millions de vieilles chaudières continuent à émettre bien trop de CO2. Le secteur du chauffage se demande pourquoi le problème des voitures polluantes est abordé avec bien plus de sévérité que les installations de chauffage polluantes

L’année 2020 a été très complexe, c’est vraiment le moins que l’on puisse dire. L’année 2021 débute également de manière très inhabituelle avec Batibouw organisé en virtuel. Il est difficile, voire impossible de faire des prévisions. Tout dépend du virus et de ses mutants et du bon déroulement des vaccinations, mais le premier semestre sera probablement très semblable à la situation de l’année dernière.

Le secteur du chauffage a raisonnablement bien résisté pendant la première année de cette pandémie.

Le coronavirus a provoqué en 2020 la percée du travail à domicile, des réunions en distanciel et les vacances à la maison. Comme nous avons pu moins voyager et aller au restaurant, nombreux sont ceux qui ont fait des économies. Une partie de ces économies a été investie dans l’amélioration du confort du logement, notamment par la rénovation de l’installation de chauffage. C’est ce qui ressort des chiffres du secteur du chauffage, qui n’étaient pas aussi mauvais après tout.

L’année dernière, 213 350 chaudières ont été vendues, soit à peine 3 % de moins que l’année record 2019. Un peu moins de 200 000 d’entre elles étaient des chaudières à gaz à condensation. Le nombre de chaudières à condensation au mazout a légèrement augmenté, bien que leur part de marché reste très limitée : 6 %. La forte diminution du nombre de chaudières à basse température sans condensation continue à suivre la tendance des années précédentes. C’est bien sûr une bonne chose d’un point de vue écologique.

Le constat de la poursuite de la diminution, même très forte : au moins 35 %, des chauffe-eau solaires est moins positif. Tout le monde s’accorde cependant pour dire que le solaire thermique est une excellente technique. Selon l’ATTB, la cause de cette diminution réside en majeure partie, si pas exclusivement, dans l’attention unilatérale exagérée accordée aux panneaux solaires photovoltaïques (PV), tant par les autorités publiques que par les médias.

Ce sont les pompes à chaleur qui tirent le plus leur épingle du jeu lors de cette pandémie. Tous les types ont connu une forte augmentation, au total d’environ 30 %. Aujourd’hui, environ 1 nouvelle construction sur 2 est équipée d’une pompe à chaleur.

Les chauffe-eau thermodynamiques ont connu de moins bonnes ventes avec une diminution de 10 %. Cela est probablement dû à la ruée sur les panneaux photovoltaïques.

Le secteur de l’énergie va devoir faire face à des défis divers en 2021 et au-delà.

Le secteur du chauffage attend encore une tendance positive pendant les premiers mois de l’année. Et pour le dire franchement : c’est grâce au virus. Tant que nous devrons travailler à domicile et que les voyages seront déconseillés, tout le monde continuera à penser à son confort domestique et donc à une bonne installation de chauffage écoénergétique. Dès que nous pourrons de nouveau prendre des vacances, partir en voyage, fréquenter les cafés et les restaurants, nous aurons probablement d’autres priorités pendant un certain temps.

Le secteur thermique voit de nouvelles opportunités pour les chauffe-eau solaires. Ces dernières années, les chauffe-eau solaires ont dû faire concurrence aux installations photovoltaïques, qui ont bénéficié d’un avantage concurrentiel important grâce à la mise en réserve gratuite d’électricité dans le réseau. En raison de la récente décision de la Cour constitutionnelle, cet avantage a maintenant disparu, ce qui, espérons-le, suscitera un plus grand intérêt pour les chauffe-eau solaires, tant de la part des diverses autorités publiques que de la part du public. Le secteur espère donc qu’après 7 mauvaises années, l’année 2021 sera finalement meilleure.

La question se pose également de savoir quel sera l’impact de la modification du calcul de notre facture d’électricité à partir du 1er janvier 2022. Un tarif de capacité sera alors introduit et la quantité totale d’électricité que nous consommons dans une année ne sera plus prise en compte, mais plutôt la consommation aux moments de pointe, lorsque plusieurs appareils domestiques sont allumés en même temps, que la pompe à chaleur fonctionne, que la voiture électrique est chargée, etc.

Après la crise du coronavirus, il faudra accorder de l’attention à la crise climatique. 55 % d’émissions de CO2 en moins pour 2030 ? Qui va payer ?

Les dirigeants européens ont convenu en décembre 2020 de réduire les émissions de gaz à effet de serre, au niveau européen, d’au moins 55 % d’ici 2030. Notre pays s’est engagé à réduire les émissions de CO2 de 35 % d’ici la même année. Comment nous allons concrètement y parvenir dépendra des régions. En tout état de cause, notre parc de logements ancien et énergivore devra être radicalement transformé pour le rendre plus écologique.

Nos nouvelles constructions sont correctes, mais qu’en est-il des centaines de milliers de rénovations qui sont encore nécessaires ? Pour rénover une ancienne maison de manière écoénergétique, il faut compter entre 50 000 et 80 000 euros. Beaucoup n’ont simplement pas cette somme, ou ne veulent pas utiliser leur argent à cette fin. Et les primes actuelles, même si elles ont été quelque peu augmentées, sont absolument insuffisantes pour couvrir les investissements nécessaires. Et qu’en est-il des immeubles loués ? Comment les propriétaires peuvent-ils être incités à rendre leur bien écoénergétique ? Une obligation sera nécessaire d’une manière ou d’une autre, tout comme le remplacement des systèmes de chauffage obsolètes. Pourquoi les voitures polluantes sont-elles interdites dans nos villes, alors que de nombreuses installations de chauffage polluantes peuvent continuer à fonctionner ?

En sus des problèmes budgétaires et écologiques, des problèmes pratiques se posent aussi. Le personnel qualifié est bien trop rare pour effectuer les travaux d’installation et de rénovation nécessaires, avec des temps d’attente qui ne cessent de s’allonger pour les rénovateurs potentiels. Les fédérations de la construction mènent campagne pour convaincre les jeunes et moins jeunes de chercher un travail dans le secteur de la construction, mais nos politiciens ne prennent aucune initiative à cet égard. Quelquesuns d’entre eux ont d’autres chats à fouetter, pourtant ils ne sont pas tous ministres de la Santé.

Bron: attb.be

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