Energie

En 4 ans, les tarifs des panneaux photovoltaïques ont été divisés par trois

Depuis le 1er septembre, les certificats verts de la Région wallonne ont une fois de plus été soumis à un nouveau régime.
Avant, les producteurs d’électricité verte pouvaient obtenir 10 certificats verts par mégawatt-heure (Mwh) produit la première année. Aujourd’hui, ce chiffre est retombé à huit, avec une dégressivité encore plus importante d’année en année. Les certificats verts sont donc devenus moins avantageux qu’auparavant, mais il n’y a toutefois pas de quoi s’affoler. « Cette diminution est normale, rassure Philippe Delaisse, secrétaire général d’Energie Facteur 4. C’est même un excellent signal : si on diminue l’octroi des certificats verts, c’est parce que le prix du photovoltaïque chute aussi et qu’il n’est plus nécessaire de prévoir de gros incitants financiers. »

En moins de 4 ans, les tarifs des panneaux photovoltaïques ont en effet été divisés par 3, ce qui rend cette source d’énergie beaucoup plus accessible au grand public. Philippe Delaisse compare la technologie du photovoltaïque à celle des écrans plasma : « Au départ, on ne trouvait ces télévisions que dans les salons des plus nantis. Aujourd’hui, c’est devenu une généralité parce que les prix ont baissé. Il en sera bientôt de même avec le photovoltaïque. »
Suivant la logique de l’adéquation au marché, le soutien apporté par les certificats verts va se faire de plus en plus maigre au fur et à mesure que les prix du photovoltaïque vont baisser. Cette politique progressive est assez unique en Europe, où de nombreux pays comme la France ont mis fin au soutien aux énergies vertes du jour au lendemain. « En Belgique, on a voulu donner l’élan à la filière photovoltaïque avec les certificats verts, mais on s’assure aussi que le secteur perdure », se félicite Philippe Delaisse. Evidemment, les certificats verts sont voués à disparaître un jour ou l’autre. « Mais cela ne devrait pas arriver avant que le prix de l’électricité produite par le biais photovoltaïque devienne égal ou inférieur au coût de l’électricité du réseau. » Philippe Delaisse estime que cette transition n’arrivera pas avant 2017-2020.

Les primes diminuent, l’accessibilité augmente mais est-il toujours rentable d’installer des panneaux photovoltaïques chez soi ?

La réponse serait oui, même si le gouvernement fédéral a supprimé la réduction fiscale pour les particuliers. Lorsque les certificats verts étaient surévalués par rapport au marché, on a parfois atteint des taux d’amortissement record de 3 ans. Aujourd’hui, il faut en moyenne 5 ans pour rentabiliser son installation photovoltaïque, un délai qui reste tout à fait raisonnable. Les chiffres ne sont pas encore disponibles, mais il semblerait que la baisse des avantages n’a pas découragé les clients, ni affecté le marché.« Les prévisions semblent bonnes pour 2012, commente Philippe Delaisse. Même si l’on n’atteindra sans doute pas les chiffres de 2011, qui était une année exceptionnelle et durant laquelle on a beaucoup communiqué auprès du consommateur. »

Le photovoltaïque a donc encore de beaux jours devant lui, et de l’avis de Philippe Delaisse, il est une des sources d’énergie de
demain. « Dans quelques années, nous produirons nous-mêmes notre électricité pour alimenter nos maisons et nos voitures électriques. C’est un avenir auquel il faut penser lorsqu’on investit dans le photovoltaïque… »

Les certificats verts

Ce sont les principaux outils de promotion des énergies vertes en Région wallonne. Ils consistent en des titres qui récompensent la production d’électricité verte, que ce soit dans les entreprises ou chez les particuliers. Le taux d’octroi de ces certificats verts (CV) diminue avec l’âge de l’installation. La première année, le producteur reçoit 8 CV par mégawatt-heure (MWh) produit, tandis que la dixième et dernière année, ce chiffre chute à 2 CV/MWh.

Source : Le Soir, Marie-Eve Rebts, 28/09/2012.

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