Traitements des murs contre l’humidité ascensionnelle

Modifié le 1/01/1900

humidité montant
© Houtmeyers architecten
un mur
© Houtmeyers architecten
un mur
© Houtmeyers architecten
cave
© Houtmeyers architecten
cave
© Houtmeyers architecten

L’humidité ascensionnelle est un problème récurrent dans les maisons existantes. Habitos.be a dès lors demandé conseil à l’architecte Geert Houtmeyers. Il nous explique en quoi consiste ce problème et les méthodes pour y remédier.


Autrefois, comme l’utilisation de membranes hydrofuges n’était pas courant, énormément de logements en sont actuellement dépourvus. Par conséquent, lors de la rénovation d’une maison, on est quasi toujours confrontés à cette problématique. Et même si des membranes hydrofuges ont été mises en œuvre, il y a de fortes chances qu’elles soient abimées ou mal mises. Il vaut mieux s’attaquer à l’humidité ascensionnelle dès le début des travaux de rénovation. Etant donné que la période d’assèchement des murs après traitement est très longue. Si on ne prévoit pas le traitement à heure et à temps, d’autres travaux comme par exemple la finition des murs existants au plâtre, risquent d’être endommagés par la présence d’humidité dans les murs. En conséquence, des taches vont se former très rapidement et le nouveau matériau de finition sera endommagé.

Même si le traitement de l’humidité ascensionnelle est prioritaire et indispensable, il ne faut pas oublier pour autant de procéder à un diagnostic rigoureux de l’état réel de la maison. Ce, afin d’identifier toutes les causes de l’humidité, de les localiser et de déterminer les différentes phases d’intervention.

L’humidité ascensionnelle dans les maisons existantes est problématique, car outre les dégâts causés par l’humidité il y a aussi les dégâts causés par le sel ou salpêtre. Hormis son aspect peu esthétique, ce sont les propriétés physiques (durabilité) de la construction qui sont alors fragilisées. Et au bout du compte, c’est le confort des occupants de la maison qui en prend un coup.


Les problèmes les plus récurrents :

  • L’effritement, voire même la désagrégation totale de la maçonnerie dus à la cristallisation des sels et/ou de l’action du gel pendant la période hivernale.
     
  • Un impact sur l’aspect des matériaux en contact avec la maçonnerie humide: à l’intérieur (plafonnage, peinture, papier peint) et à l’extérieur (crépi et peinture), la menuiserie extérieure, différents éléments en bois ou en métal ou d’autres matériaux mis en œuvre qui sont attaqués par l’humidité présente dans les murs.
     
  • Le développement de micro-organismes, telles les moisissures, etc. Ceux-ci auront un impact sur l’aspect et la durabilité des finitions et ensuite, ils risquent d’avoir un effet négatif sur la qualité de vie (santé) des occupants.


Les solutions:

Etant donné que le taux d’humidité dans les murs existants est assez imposant (jusqu’à 70 l par mètre courant), il est évident que l’élimination de cette humidité (évaporation) sera un processus de longue durée. Il est donc avisé de prévoir ces interventions dès le début des travaux de rénovation, de telle sorte que la nouvelle finition des murs, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur ne soit pas endommagée par l’humidité qui doit encore s’évaporer. Une bonne ventilation de la pièce concernée est dès lors conseillée afin de promouvoir le processus d’assèchement. De plus, il est fortement conseillé de mettre en œuvre une ventilation permanente des pièces intérieures par le biais de systèmes de ventilation connus, afin de contribuer, dans le cadre de cette problématique, à une amélioration de la qualité de vie dans la maison.


Blocage de l’humidité ascensionnelle:

Le blocage de l’humidité ascensionnelle se fait partout au-dessus du niveau extérieur parachevé qui est en contact avec la maçonnerie et au-dessus du niveau du sol intérieur parachevé (par exemple à hauteur des plinthes). S’il y a une grosse différence entre le niveau intérieur et extérieur, il faut prévoir un écran vertical, adapté au cas de figure. On peut utiliser différentes techniques pour ce faire:


Pose d’une membrane d’étanchéité:

La méthode d’exécution diffère selon le matériau utilisé:

  • Dans le cas de films souples, la membrane étanche à l’eau est posée sur toute l’épaisseur et la longueur du mur en dégageant une saignée sous la maçonnerie. On procède par tronçons d’1 mètre. Ensuite, une fois le film posé, on bouche la saignée avec un mortier à durcissement rapide en ajoutant ou non les briques récupérées.

  • Dans le cas d’écrans rigides ou semi-rigides, on découpe une saignée à la scie que l’on dote immédiatement d’un écran vapeur en continu. La saignée est ensuite comblée de mortier. Cette technique exige que l’on pose un joint horizontal ininterrompu.

  • 2 techniques moins souvent utilisées, sont la mise en œuvre d’un mortier hydrofuge ou mortier à base de résine, et la pose de tôles ondulées en métal inoxydable. Comme cette méthode implique toute une série d’interventions qui génèrent du bruit et de la poussière, il est déconseillé de l’utiliser dans les pièces habitées.


Injection de produits hydrofuges:

  • Pour cette méthode, on utilise des produits bouche-pores qui sont mis en œuvre dans les murs existants par le biais de la force gravitationnelle, par instillation ou par injection. Il existe plusieurs produits disponibles en fonction de la méthode appliquée. On procède en forant des trous dans la face intérieure ou extérieure du mur, parallèlement aux joints.
     
  • L’expérience démontre que l’injection s’avère la méthode la plus efficace et la plus facile à mettre en œuvre. C’est une technique rapide, présentant peu de nuisances sonores et peu de poussières. Par conséquent, on peut aisément appliquer cette méthode dans les pièces habitées.


Evacuer l’humidité

  • Outre le blocage de l’humidité ascensionnelle, il existe encore d’autres méthodes pour évacuer l’humidité des murs existants. L’une d’elles consiste non pas à limiter ou bloquer l’humidité mais à l’évacuer très rapidement des murs existants. Cette technique est cependant limitée et moins efficace que la précédente.



Auteur: Architecte Geert Houtmeyers – Architectenbureau Houtmeyers - août 2011
 

Découvrez les conseils de nos experts

Brochures pour les travaux de construction

Plus d’info ?