Batibouw 2012: L’éco-innovation, le moteur de l’économie verte

Modifié le 1/01/1900

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Le secteur de la construction se fait de plus en plus vert. Cette évolution est d’une part encouragée par les obligations imposées par l’Europe et par nos pouvoirs publics et d’autre part par la prise de conscience du fait que l’économie d’énergie est également intéressante pour notre portefeuille. Ce changement crée des opportunités. En effet, les fabricants innovent en cherchant des solutions de plus en plus économiques ou écologiques et notre économie évolue progressivement vers une économie verte qui peut explorer d’innombrables nouvelles pistes vertes.

L’Europe qui nous oblige à construire des habitations presque énergétiquement neutres, les réglementations nationales plus strictes, la hausse constante des prix de l’énergie, la sensibilisation environnementale et énergétique, … Voici autant de facteurs qui ont amorcé une évolution inébranlable vers un secteur de la construction et de l’énergie plus vert.


Innovation technique

Nous constatons cette évolution à différents niveaux. Les entrepreneurs, architectes et bureaux d’étude se recyclent pour être au fait de ces nouvelles évolutions et techniques. Les formations des architectes et entrepreneurs en herbe sont également plus orientées sur les nouvelles tendances.

Ensuite, il y a les entreprises pour lesquelles les changements stimulent l’innovation : les fabricants cherchent de nouveaux matériaux et techniques ou des méthodes pour les utiliser différemment et mieux. Prenons le cas des énergies renouvelables. À l’heure actuelle, ce ne sont plus uniquement la pompe à chaleur électrique, le chauffe-eau solaire et les panneaux photovoltaïques qui font la pluie et le beau temps. Progressivement, le marché accueille des solutions innovantes et meilleures. Ainsi, la pompe à chaleur au gaz naturel fait par exemple son apparition sur le marché des particuliers. Les fabricants cherchent sans relâche des méthodes pour que la chaudière à condensation classique soit plus économique ou pour refroidir en consommant moins d’énergie. Sur ce dernier point, nous constatons même plusieurs évolutions : d’une part, le refroidissement adiabatique qui permet d’obtenir un effet supérieur grâce à la brumisation d’eau. D’autre part, le refroidissement à adsorption. Aussi contradictoire que cela puisse paraître, ce principe permet de refroidir de manière peu énergivore grâce au soleil. On constate donc l’arrivée de nouvelles techniques qui sont encore moins énergivores que celles que nous connaissons déjà.


Faire preuve de créativité avec les matériaux

Une autre piste sur laquelle se concentre l’éco-innovation est l’usage des matériaux. En effet, les bâtiments verts sont bien plus que des bâtiments basse énergie car ils tiennent compte du cycle de vie des matériaux utilisés. Une étude du Centre of Research for Energy Resources and Consumption, université de Saragosse (Sp), montre qu’il existe ici un énorme potentiel pour l’éco-innovation. L’étude a notamment fait ressortir que les matériaux extraits localement peuvent constituer un meilleur choix que les solutions conventionnelles. À titre d’illustration, une brique de façade en argile extrait localement et des produits renouvelables comme la paille ont moins d’impact environnemental que les briques de façade fabriquées à une grande distance du chantier.

L’empreinte écologique du ciment peut être sensiblement réduite en améliorant son processus de production, par exemple grâce à de nouvelles techniques à des températures de fabrication inférieures ou à la réutilisation de la chaleur résiduelle.

Une dernière recommandation des chercheurs en ce qui concerne l’éco-innovation est de mieux réutiliser les matériaux à la fin de leur cycle de vie. Ainsi, ils encouragent l’étude de structures de bâtiments qui peuvent être démontées au lieu d’être démolies. Cette méthode de travail facilite la réutilisation des matériaux tels que l’acier, l’aluminium, le cuivre, le verre et le plastique. Le recyclage de ces matériaux (secondaires) nécessite beaucoup moins d’énergie et émet donc moins de CO2 que leur production primaire avec de nouvelles matières premières.


Les pistes vertes

Ces efforts en vue de chercher de nouveaux matériaux, de les développer et de les appliquer font naître une toute nouvelle économie verte, qui suscite de grandes attentes dans le monde entier. Aux États-Unis, elle représente déjà 2 à 3 millions d’emplois ‘verts’ supplémentaires. L’Europe, quant à elle, compte sur 410 000 emplois créés dans le secteur d’ici 2020. Pour notre pays, les estimations optimistes prévoient 60 000 nouveaux jobs verts dans la construction et le secteur énergétique pour le début des twenties. À l’heure actuelle, il apparaît très clairement que la croissance de l’économie verte présente des conséquences favorables pour l’économie sociale. Les initiatives en matière d’emploi social se concentrent également sur le secteur de la construction et fournissent des services spécifiques comme l’isolation des toitures en pente. Ainsi, elles permettent aux personnes qui ont du mal à trouver du travail de trouver un emploi durable sur le marché du travail régulier.

Dans notre pays, le nombre d’entreprises actives dans le secteur vert a connu une hausse de 44 % en dix ans. Ce secteur a vu son chiffre d’affaires augmenter de 22%, tandis que l’emploi y a progressé de 40%. En 2005, le secteur employait déjà 77.000 personnes (source : gouvernement fédéral)


Les stimulations gouvernementales

Cette croissance est principalement induite par les exigences et les attentes du marché, mais le gouvernement joue également un rôle important dans l’évolution verte. Lorsqu’un pays ou une région veut jouer un rôle de pionnier dans le domaine de l’économie verte, il doit investir en conséquence. Les trois régions belges ont toujours pris des initiatives pour stimuler l’économie verte. En 2005, la Flandre a mis sur pied un pôle de compétences consacré aux technologies environnementales et énergétiques : le Milieu- en energietechnologie Innovatie Platform (MIP) et a créé i-Cleantech en 2011. Cette asbl soutient l’innovation technologique environnementale. Le gouvernement wallon soutient plusieurs initiatives de recherche et industrielles, notamment par le biais d’Eco Construction CAP 2020, Tweed et Déchets. Enfin, la Région de Bruxelles-Capitale dispose d’un Pôle technologies de l’environnement, qui soutient les entreprises bruxelloises dans tous les aspects de la protection de l’environnement.

Bref, les pouvoirs publics jouent la carte de l’économie verte. Et pourtant, l’optimisme n’est pas de mise pour tout le monde. Certains estiment que les chiffres de l’emploi sont faussés. Il ne s’agirait pas tous de nouveaux emplois, mais essentiellement d’un glissement des jobs existants. Une autre critique consiste à dire que pour arriver à une économie verte, il ne suffit pas de promouvoir les éoliennes et l’énergie solaire, mais qu’une durabilisation économique fondamentale s’impose. Le monde politique peut donc poursuivre ses initiatives.


Un bienfait pour l’environnement

Indépendamment du fait que les initiatives politiques puissent être approfondies, l’économie verte promet d’avoir des effets secondaires positifs. Chaque succès que nous enregistrons dans le développement d’une technique plus propre ou d’un matériau moins polluant est un bienfait pour l’environnement et par conséquent, pour la société.
Pour terminer, n’oublions pas que l’énergie n’est qu’un aspect d’un projet de construction. L’esthétique et la fonctionnalité méritent également une attention.
 

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